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Lecture(S)... Mon cher Albert, Lettres à Albert Camus

Publié le par RMAC

 

Mon cher Albert, Lettres à Albert Camus,

Abel Paul Pitous, Gallimard, 2013.

 

Un récit sous la forme d'une longue lettre, une missive datée de 1971, probablement amendée plus tard, écrite à Marseille, signée "Paupol", adressée à Albert. 


Abel Paul Pitous convoque ses souvenirs, ceux qu'il entend partager avec son voisin - tous deux résidaient rue de Lyon, à Belcourt, à Alger-, à son camarade d'école - celle de la rue Aumerat -, à son copain de jeux de rue, à son coéquipier de foot, à son cher ami d'enfance, celui qu'il perdra un peu de vue quand ils poursuivront des études différentes, le lycée pour Albert, l'Ecole primaire supérieur pour Paupol.
Ils continueront, néanmoins, à se fréquenter grâce à leur amour commun du foot. Pourtant, en 1931, ils se quitteront définitivement, la vie étant ainsi...

Après une visite sur la tombe de son ami, à Lourmarin, il ressent le besoin impérieux de transcrire ce passé heureux. Il s'attache longuement, avec émotion et un plaisir nostalgique, à évoquer les souvenirs, ceux liés au foot, les multiples stades fréquentés, les matchs, les championnats, les équipes, le RUA, bien sûr, les scores...
Puis il revient sur cette fameuse photo où Camus pose en gardien de but entouré de son équipe, non pas celle du Rua (Racing universitaire Algérois) comme on le croit trop souvent, mais celle de l'Ecole pratique d'industrie. 
Abel Paul, grand sourire, se trouve à sa gauche.


C'est joliment écrit, un texte remanié par un tiers, par un correcteur de Gallimard ? Peut-être, pas sûr.
En tout cas, les souvenirs ressuscités sont émouvants, savoureux, bien réels, authentiques car corroborés par d'autres sources, d'autres témoignages.

 

 G.Lemettre   

Lecture(S)... Mon cher Albert, Lettres à Albert Camus

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MAI

Publié le par RMAC

Photo : O.Gazzano

Photo : O.Gazzano

 Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde. 

Albert Camus, "Sur une philosophie de l'expression", Pléiade I, p.901-910.

Photo : O.Gazzano - PhotosGz.fr 

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Lecture(S) ... La Montagne des Justes : Le Chambon-sur-Lignon, 1940-1944

Publié le par RMAC

La Montagne des Justes : Le Chambon-sur-Lignon, 1940-1944

Patrick Gérard Henry, Privat.

 

Plusieurs communes de Haute-Loire se sont généreusement distinguées de 1940 à 1944 en accueillant des Juifs, enfants et adolescents notamment, et, ainsi, les sauvant de la déportation et de la mort. Parmi ces bourgades, Chambon-sur-Lignon, le Panelier, un petit hameau près du Mazet-Saint Voy.


Un chapitre est consacré à Daniel Trocmé, cousin du pasteur André Trocmé, un des piliers salvateurs de ces lieux. 
Daniel dirigea des maisons d'enfants et d'étudiants et accompagna ces jeunes dans leur déportation et leur mort. 
L'auteur s'intéresse aussi longuement à Madeleine Dreyfus qui joua un rôle important dans le sauvetage des enfants. Arrêtée, elle fut déportée à Bergen-Belsen. 


Un autre long chapitre   est dédié à Albert Camus qui séjourna au Panelier durant 18 mois, d'août 1942 à fin 43.
C'est-là, exilé, loin des siens, malade, qu'il rencontra René Leynaud (à qui il dédicacera Lettres à un ami allemand), qu'il a travaillé à La Peste, ce séjour contribua largement à enrichir le récit, et c'est-là, probablement, que son action dans la Résistance commença. 


Patrick Gérard Henry nous livre quelques clés sur la genèse de l'œuvre : le choix des patronymes des personnages, le parallèle entre le Pasteur Trocmé et le Jésuite Paneloux... Sur ce plateau, comme dans la ville d'Oran, croyants et non-croyants, résistent, combattent ensemble pour tenter de sauver des vies humaines, "tous luttent, chacun à sa façon".

 

MG

Lecture(S) ... La Montagne des Justes : Le Chambon-sur-Lignon, 1940-1944

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Lecture(S)... Albert Camus / Nicola Chiromonte, Correspondance 1945-1959

Publié le par RMAC

Correspondance: par Camus Albert Camus Nicola Chiromonte, Correspondance 1945-1959

Edition établie, présentée et annotée par Samantha Novello, Gallimard.

 

Nicola Chiaromonte prend le chemin de l'exil en 1934 et s'installe à Paris. En 1936, il participe à la Guerre d'Espagne dans l'escadrille d'André Malraux, dans son roman l'Espoir, il le prendra comme modèle pour son personnage de Scali, un intellectuel italien qui se dresse contre le fascisme. 
 

Il se réfugie en Algérie en 1941, il rencontre Albert Camus à Oran. Celui-ci, bien qu'en situation précaire, lui offre l'hospitalité dans le petit appartement, rue d'Arsew, mis à sa disposition par la mère de Francine Faure, qui deviendra, peu après son épouse. Nicola Chiaramonte partira ensuite pour les Etats-Unis.

 

Une longue amitié unira ces deux- là, faites de complicités fraternelles, de connivences intellectuelles, d'ententes culturelles. Un échange épistolaire ininterrompu les reliera jusqu'à la disparition de Camus. La dernière lettre de Chairomonte, en date du 15 novembre 1959, évoque la joie de futures retrouvailles lors du prochain séjour de Chiaromonte à Paris…

 

Samantha Novello qui présente et annote cette édition est une grande spécialiste de Camus : Maîtrise en philosophie avec une dissertation sur " Nihilisme et pensée tragique dans la réflexion morale d'Albert Camus ", master de philosophie sur « Totalitarisme et pensée tragique dans l'Homme révolté d'Albert Camus, doctorat "Repenser le politique au-delà du nihilisme : tragédie et politique esthétique dans l'œuvre de Camus et Hannah Arendt". Elle est fréquemment invitée par notre association Les Rencontres Méditerranéennes Albert Camus de Lourmarin. Notre exposition estivale de cette année "Camus l'engagement critique" met en exergue cette longue et féconde amitié. 

CW

Lecture(S)... Albert Camus / Nicola Chiromonte, Correspondance 1945-1959

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Lecture(S)... Mouloud Feraoun, Un écrivain engagé,

Publié le par RMAC

« Pour saisir, autant qu'il est possible, ce que fut l'Algérie et ce qu'elle est encore, multiple, complexe, là riante et ouverte aux vents du large, là rude et fermée sur elle-même, il faut Camus et il faut Feraoun, il faut connaître Tipasa et il faut connaître Tizi-Hibel. »

 

Dans cette première biographie étoffée, consacrée à Mouloud Feraoun, José Lenzini s’attache à retracer la vie de Mouloud Feraoun objectivement mais avec une certaine tendresse.  Il raconte aussi la vie d’une famille kabyle miséreuse, détaille les us et coutumes, les traditions de la culture kabyle dans une Algérie coloniale.

Mouloud pourra aller à l’école primaire, puis comme Camus, grâce à la bienveillance et à l’intelligence de son instituteur Monsieur Mhiss, à l’obtention d’une bourse, il poursuivra ses études à Tizi Ouzou . 

Feraoun rencontre Emmanuel Roblès à l’école normale de la Bouzarea, pour lui « une accession au paradis terrestre ». Ils seront amis indéfectibles, Robles lui dédiera Les Hauteurs de la ville.  Il sera instituteur puis directeur. Amoureux des mots, de la langue française, Il deviendra un écrivain fertile, un témoin d’une époque révolue. 

 

Plus tard, Il fera la connaissance d’Albert Camus, lui aussi « fils de pauvre ».  Au moment de la parution de ce livre, Feraoun et Camus auraient fêté leurs cent ans. Malgré leur dissension autour du devenir de l’Algérie, Mouloud Feraoun et Albert Camus restèrent amis fidèles, respectueux. L’un et l’autre étaient portés par les mêmes valeurs humaines, l’un et l’autre, malgré leur divergence, ont dénoncé les atrocités d’une guerre fratricide. En 1960, Mouloud Feraoun est inspecteur des centres sociaux, créés à l'initiative de Germaine Tillion. Il fut assassiné par un commando de l’OAS le 15 mars 1962, à quelques jours de la signature des accords d’Évian qui mettaient fin officiellement à la guerre d’Algérie.

Lecture(S)... Mouloud Feraoun, Un écrivain engagé,

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